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Cette semaine sur medici.tv, Roberto Alagna s’illustre dans deux opéras français : les Pêcheurs de Perles de Georges Bizet et Roméo et Juliette de Charles Gounod.
Ces deux opéras ont tous deux été créés au Théâtre-Lyrique de Paris, qui crée les œuvres majeures de l’opéra français de la deuxième moitié du 19e siècle. C’est là que les opéras de Gounod Faust (1859) et Mireille (1864) rencontrent leurs premiers succès. La Jolie Fille de Perth de Bizet y est également créé en 1866.
L’opéra Les Pêcheurs de Perles, créé en 1863 alors que Bizet n’a que 25 ans reflète le courant orientaliste à la mode parmi les artistes du 19ème siècle. Nadir, le jeune pêcheur éclairé, tombe sous le charme de la prêtresse Leïla et rompt ainsi le pacte passé avec son ami Zurga, et selon lequel nulle femme ne viendrait mettre en péril leur amitié.
Créé cinq ans plus tard, Roméo et Juliette de Gounod reprend la tragédie légendaire des amants de Vérone, à laquelle William Shakespeare donna sa forme définitive et qui inspira nombres de compositeurs, d’Hector Berlioz à Leonard Bernstein, en passant par Sergei Prokofiev.
Roberto Alagna commence sa carrière dans les cabarets parisiens avec un répertoire de chansons populaires tout en exerçant sa voix au registre lyrique. Sa rencontre avec son idole Luciano Pavarotti puis sa victoire au Concours Pavarotti à Philadelphie en 1988 lui ouvre les portes de nombreuses maisons d’opéras. La mise en scène de Nicolas Joel donnée à Covent Garden en 1994, disponible dès aujourd’hui sur medici.tv*, révèle le ténor français à la scène internationale.
Les Pêcheurs de Perles, donné dans sa version de concert à la Salle Pleyel le 17 février 2013 est disponible gratuitement pendant deux mois sur medici.tv. L’occasion d’entendre le ténor dans un autre rôle passionné où le personnage brise ses attaches, se livrant tout entier à son amour. Il y partage l’affiche avec la soprano bulgare Nino Machaidze, elle aussi révélée par son interprétation dans Roméo et Juliette au Festival de Salzbourg aux côtés de Rolando Villazón en 2008.
- Regardez le live gratuit Les Pêcheurs de Perles Avec Roberto Alagna, Nino Machaidze et l’Orchestre de Chambre de Paris dirigé par Giorgio Croci à la Salle Pleyel
- Regardez Roméo et Juliette de Gounod dans la mise en scène de Nicolas Joel à Covent Garden en 1994, avec Leontina Vaduva
- Suivez Roberto Alagna de Buenos Aires à Versailles pour son dernier spectacle « Pasión » dans 24 heures avec Roberto Alagna
*disponible sur le catalogue en location ou par abonnement
Don Carlo, l’opéra de Verdi est maintenant disponible dans sa version en quatre actes sur medici.tv. L’occasion de revenir sur une œuvre majeure, à l’histoire complexe.
Adaptée de la pièce du même nom de Friedrich Schiller par les librettistes Camille du Locle et Francois Joseph Méry, Don Carlo est présenté pour la première fois le 11 mars 1867 à Paris en français dans sa version en cinq actes. Pourtant, c’est dans sa version italienne que l’opéra sera présenté et reconnu. La partition est éditée en italien dès 1869 dans une traduction de Achille de Lauzières.
Très tôt l’œuvre est remaniée par son compositeur afin de pallier la longueur de ce « grand opéra ». En 1867, pour la version de Paris, Verdi ajoute à l’acte III un ballet « La Pérégrina » mais parvient à maintenir la durée de l’œuvre intacte en coupant certains passages du premier acte.
Quelques années plus tard, en 1884, l’opéra est donné à Milan. Il est dépouillé du ballet et de l’acte I. Le livret original français est remanié puis traduit en italien. En 1886, la Version de Modène (disponible sur medici.tv) réintègre l’acte I et fait cohabiter des éléments de la version de Paris et de la version de Milan.
La tradition ne retient pas de partition définitive et le choix parmi les multiples versions et les langues possibles influent sur la façon dont l’intrigue est présentée. Avec l’acte I original, Don Carlo débute avec la rencontre et l’amour naissant entre Don Carlo et sa promise, Elizabeth de Valois dans le cadre bucolique de la forêt de Fontainebleau. Comme on peut le voir dans cette version présentée à Covent Garden et disponible sur medici, la mise en scène de Nicholas Hytner est teintée des couleurs de l’Espagne et des trésors hérités du « Siglo de Oro ». L’action est située au cœur des troubles politiques touchant un Empire décadent où Filippo II, succède à son père Charles Quint en souverain tyrannique et seul, comme l’exprime le magnifique « Ella giammai m’amò !… » au début de l’acte IV.
La captation mise en ligne cette semaine, filmée au De Nederlandse Opera d’Amsterdam, reprend le livret de 1884. L’action commence au beau milieu du conflit entre Don Carlo, infant d’Espagne et son père, Filippo II qui a décidé de prendre lui-même Elizabeth de Valois pour épouse. Dans cette production, la mise en scène de Willy Decker reflète d’emblée le tragique auquel tous les personnages vont se retrouver confrontés par la descente d’un imposant Christ en croix qui surplombera la scène tout le long de l’opéra. Le décor de marbre représentant la nécropole des rois d’Espagne du palais de l’Escurial ainsi que la partition, une des « plus noires jamais écrites » selon Riccardo Chailly, se font miroirs des sentiments et dilemmes dans lesquels sont pris les personnages.

Don Carlo, opéra de Giuseppe Verdi
version révisée en quatre actes.
Direction musicale : Riccardo Chailly
Mise en scène : Willy Decker
Décors : Wolfgang Gussmann
Avec :
Rolando Villazón (Don Carlo)
Robert Lloyd (Filippo II)
Dwayne Croft (Rodrigo)
Jaakko Ryhänen (Il grande inquisitore)
Amanda Roocroft (Elizabeth de Valois)
Royal Concertgebouw Orchestra
À vous de comparer !
- Regardez la version de Modène, dans une production de Nicholas Hytner à Covent Garden
- Regardez la version de Milan, dans une production de Willy Decker au Nederlandse Opera
- Regardez le documentaire sur la production au Nederlandse Opera avec des interviews de Willy Decker, Riccardo Chailly et Rolando Villazón
Offrez medici.tv pour la Saint-Valentin

Bonne raison n°1. Une occasion rêvée pour vous cultiver en amoureux
Entre les archives, les documentaires, les master classes et les nombreuses œuvres du répertoire, vous accumulerez une somme de connaissances inégalable. De quoi être une équipe gagnante lors de votre prochaine soirée Trivial Pursuit.
Bonne raison n°2 : 1100 films et concerts, c’est plus de trois années de soirées déjà programmées
Programmer autant de temps passé ensemble aussi longtemps à l’avance, c’est quand même une belle preuve d’amour !
Bonne raison n°3 : Puccini, Bellini et les plus grands Romantiques pour déclarer votre flamme
C’est sans doute réducteur, mais c’est quand même un fait : à l’opéra, on parle d’amour. Et les plus grands librettistes s’y sont collé. Alors pourquoi vous fatiguer à écrire vos lettres d’amour vous-mêmes ? Copiez généreusement les plus belles tirades de Werther, Isolde, Tosca, Don Carlo, Rodolfo ou Desdémone. Si vous plagiez une langue que vous ne maîtrisez pas, citez vos sources, sinon l’imposture va trop loin.
Bonne raison n°4 : Moins banal qu’un bouquet de roses
Certes, les fleurs sentent bon, embellissent un intérieur, et font toujours plaisir à celui ou celle à qui on les offre. Mais vous ne voudriez pas que votre délicate attention passe pour un manque d’inspiration, n’est-ce pas ? Alors cette année, choisissez d’être innovant. Et pourquoi d’ailleurs ne glisseriez-vous pas la carte-cadeau medici.tv au beau milieu vos roses rouges ?
Bonne raison n°5 : Plus diététique qu’une boîte de chocolats
Et si votre cadeau venait à se transformer en complexe sur les hanches ou le ventre de votre ami(e), on ne vous raconte pas quel souvenir il/elle aura de sa dernière Saint-Valentin !
Bons concerts sur medici.tv !
Voici le top 50 des programmes que vous avez le plus plébiscités cette dernière année. L’occasion d’un petit cours de rattrapage pour ceux qui auraient manqué quelques films. Cliquez sur un titre pour obtenir plus d’informations :
- Yuja Wang interprète Schubert, Schumann, Scriabine et Prokofiev / Verbier Festival 2010
- Evgeny Kissin joue Chopin / Verbier Festival 2009
- Khatia Buniatishvili joue Rachmaninov, Liszt et Chopin / Avec Neeme Järvi et le Verbier Festival Orchestra
- Yuja Wang et Claudio Abbado interprètent Prokofiev et Mahler / Lucerne Festival 2009
- Alfred Brendel interprète le concerto pour piano n°3 de Beethoven / Lucerne Festival Orchestra, Claudio Abbado
- Vladimir Jurowski dirige Don Giovanni à Glyndebourne / Vladimir Jurowski, Orchestra of the Age of Enlightenment, Glyndebourne Chorus
- La Cenerentola / À Glyndebourne. Mise en scène de Peter Hall
- Les plus grands artistes russes réunis autour de Yuri Temirkanov et Anna Netrebko / Gala de Saint-Pétersbourg 2003, célébrant le tricentenaire de la ville
- Yuri Temirkanov et Yuja Wang dans un programme de musique russe / Verbier Festival 2011
- La Somnambule / Opéra de Vincenzo Bellini en 2 actes
- Werther / Opéra en 4 actes de Jules Massenet
- Aïda / Opéra de Verdi, avec Daniela Dessì. Mise en scène de José Antonio Gutiérrez. Gran Teatre del Liceu, 2003
- Martha Argerich joue le Concerto pour piano de Schumann / Gewandhausorchester Leipzig, Riccardo Chailly
- Claudio Abbado dirige les Concertos brandebourgeois de Bach / Orchestra Mozart
- Martha Argerich joue Tchaïkovski : Concerto pour piano n°1 / Classic Archive
- Cavalleria Rusticana – I Pagliacci / Avec Violeta Urmana et María Bayo. Mise en scène de Giancarlo del Monaco
- Lohengrin / Avec Klaus Florian Vogt et Solveig Kringelborn. Mise en scène de Nikolaus Lehnhoff
- Claudio Abbado et Maurizio Pollini interprètent la Fantaisie chorale de Beethoven / Berliner Philharmoniker
- Les Indes galantes / Les Arts Florissants, dir. William Christie
- Pelléas et Mélisande, à l’Opéra national de Paris / Avec Stéphane Degout (Pelléas) et Elena Tsallagova (Mélisande). Direction musicale Philippe Jordan
- L’Art de Chopin / Un hommage à l’art de Chopin
- Rossini : Le Barbier de Séville / Opéra de Zurich, Vesselina Kasarova (mezzo-soprano)
- Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg / Mise en scène de Katharina Wagner. Festival de Bayreuth 2008
- Martha Argerich joue Prokofiev : Concerto pour piano n°3 / Classic Archive
- Le Lac des cygnes / Chorégraphie de Rudolf Noureev. Avec José Martinez et Agnès Letestu.
- Richard Wagner : L’Anneau du Nibelung, « La Walkyrie » / Lothar Zagrosek, Staatsorchester Stuttgart
- Cendrillon, par Noureev / Ballet en trois actes de Rudolf Noureev, d’après Charles Perrault. Musique de Prokofiev
- Claudio Abbado et Maxim Vengerov, Tziganes / Silvesterkonzert 1996
- Claudio Abbado interprète le Requiem de Mozart / Berliner Philharmoniker, Hommage à Herbert von Karajan
- Claudio Abbado dirige Mahler : Symphonie n°5 / Lucerne Festival Orchestra
- L’Orfeo / Mise en scène de Robert Wilson. Direction musicale Rinaldo Alessandrini.
- Claudio Abbado et Renée Fleming interprètent Strauss et Wagner / Lucerne Festival Orchestra
- Perlman, Zukerman, Du Pré, Mehta, Barenboïm répètent et jouent La Truite de Schubert / Un film de Christopher Nupen
- Tristan et Isolde / Mise en scène de Christoph Marthaler. Festival de Bayreuth 2009
- Don Carlo / Avec Rolando Villazón et Marina Poplavskaya. Direction musicale Antonio Pappano
- Anoushka Shankar : Traveller / Musique gypsy de l’Inde à l’Espagne
- The Fairy Queen / Semi-opéra de Henry Purcell (1692). Mise en scène de Jonathan Kent. Direction musicale : William Christie
- Glenn Gould joue la 6e Partita de Bach / Bruno Monsaingeon, réalisation
- Madame Butterfly / Tragédie japonaise de Giacomo Puccini. Mise en scène de Robert Wilson
- Vladimir Jurowski et Hélène Grimaud interprètent Strauss et Ravel / Chamber Orchestra of Europe, Gulbenkian Choir
- Verdi : Le Trouvère / Orchestra e coro del Teatro alla Scala, Riccardo Muti
- Jacqueline Du Pré et le Concerto pour violoncelle d’Elgar / Un film de Christopher Nupen
- Valery Gergiev dirige Tchaïkovski : Symphonie n°6, « Pathétique » / Orchestre du Théâtre Mariinsky. Intégrale des symphonies de Tchaïkovski
- Claudio Abbado dirige Mahler : Symphonie n°2 / Lucerne Festival Orchestra
- Khatia Buniatishvili joue Liszt, Chopin, Prokofiev et Stravinsky / Verbier Festival 2011
- Katia et Marielle Labèque interprètent Bach en compagnie de Il Giardino Armonico / Musikverein Wien
- La Bohème / Opéra en 4 actes, Musique de Giacomo Puccini et Libretto de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa. Avec Inva Mula (Mimi)
- Voyage à Reims / Mise en scène d’Alain Maratrat. Direction : Valery Gergiev
- Daniel Barenboïm et Alisa Weilerstein interprètent Wagner, Elgar et Brahms / Europa Konzert 2010, Oxford
- Martha Argerich et Yuri Temirkanov jouent Ravel, Prokofiev, et Chostakovitch / Royal Stockholm Philharmonic Orchestra
Gérald Caillat a suivi les musiciens de l’orchestre auto-géré Spira mirabilis et nous dévoile les méthodes atypiques de cette formation unique au monde – Nouveauté VOD sur medici.tv.
Spira mirabilis est né en Italie de l’initiative de jeunes musiciens d’orchestre, issus des meilleures formations européennes.
Ces musiciens ont commencé à se rassembler moins pour former une entité capable de se produire en concert, que pour le plaisir de faire de la musique ensemble. Ainsi réunis, les jeunes instrumentistes étudient une œuvre et discutent de son interprétation, afin de juger ensemble d’une lecture à retenir. Aucun chef donc, et en même temps tous sont chefs.
Une méthode unique, illustrée dans cet extrait : voici les musiciens répétant le Scherzo de la Symphonie n°1 de Robert Schumann :
- La Spira de Gérald Caillat, disponible sur medici.tv (disponible en VO ST FR ou en VO ST EN),
- Visiter le site officiel des Spira mirabilis.
Le chef Georg Solti, en conversation avec John Culshaw. Vidéo disponible sur medici.tv.
À l’occasion du centenaire Georg Solti (né le 21 octobre 1912), medici.tv diffuse un programme fraîchement sorti des archives de la BBC. On y voit le chef hongrois y diriger l’un de ses compositeurs fétiches, Wagner, dans l’Ouverture du Vaisseau fantôme, répéter Don Juan de Richard Strauss, répondre à John Culshaw en interview, et diriger l’Orchestre symphonique de la BBC au Royal Albert Hall dans la Cinquième symphonie de Beethoven. Un programme « florilège », que David Patmore présente en ces lignes…
Lorsque l’exécution du premier morceau [de ce programme] fut filmée en 1963, le chef d’orchestre Georg Solti était sur le point de devenir une figure internationale de premier plan dans le monde de la musique. Il avait effectué ses débuts à l’opéra sous les plus mauvais auspices, dirigeant Les Noces de Figaro à Budapest le soir de l’Anschluss où, en 1938, l’Allemagne nazie annexa l’Autriche. Il passa les années de guerre en Suisse à affûter sa redoutable technique de pianiste de concert. Dès que les hostilités eurent pris fin, il gagna l’Allemagne pour relancer sa carrière de chef d’orchestre ; avec le soutien d’un camarade de l’Académie Liszt, le pianiste Edward Kilyéni, devenu officier dans l’armée américains d’occupation, il décrocha rapidement le poste de directeur musical de l’Opéra d’état bavarois de Munich, notamment parce qu’à l’époque, rares étaient les chefs allemands n’ayant pas eu d’accointances avec les nazis. Il y dirigea Der Rosenkavalier (1949) et Die Walküre (1950) et fut repéré comme un musicien à suivre par l’écrivain anglais et futur producteur de disques John Culshaw. Ils ne tardèrent pas à travailler ensemble sur des enregistrements. Solti quitta Munich pour devenir directeur musical de l’Opéra de Francfort en 1952, où il demeure jusqu’en 1961. Pendant cette période, il fit ses débuts dans les fosses de San Francisco (1953) et de Glyndebourne (1954), rencontrant à chaque fois le succès, et mena de nombreuses activités dans toute l’Allemagne.
Quand Culshaw devint responsable du département des artistes et du répertoire du label Decca en 1956, Georg Solti était le choix idéal pour se lancer dans des enregistrements d’intégrales d’opéras, ce qu’il n’était pas parvenu à faire jusqu’alors. Il fut aussitôt engagé pour diriger de longs passages de Die Walküre de Wagner avec Kirsten Flagstad, et quand Karl Böhm renonça inopinément à diriger Arabella de Strauss à Vienne en mai 1957, cest vers Georg Solti que le label se tourna pour le remplacer. Bon nombre des qualités de chef straussien qui le distinguaient étaient déjà manifestes, et ce disque demeure une version de référence de ce qui est l’une des plus belles partitions du compositeur. Mais c’est dans Wagner que Georg Solti s’imposa comme artiste du disque en Europe et en Amérique : à l’automne 1958, c’est lui qui fut engagé pour diriger le Wiener Philharmoniker dans la première intégrale au disque de Das Rheingold. Grâce à cet enregistrement, qui figura même brièvement au classement des dix meilleures ventes d’albums aux USA, Georg Solti fit ses débuts au Royal Opera House de Covent Garden en 1959, avant d’en devenir le directeur musical en 1961.
Les premières années passées au Covent Garden ne furent pas faciles pour Georg Solti , qui dut faire face à l’hostilité permanente de la presse, les critiques lui reprochant son trop plein d’énergie nerveuse, avec ses tempi rapides, ses dynamiques extrêmes et la précision obsessionnelle de son articulation. C’est seulement au bout de trois ans que les attaques de la critique se firent moins violentes. De fait, ce qui jouait en faveur de Georg Solti était son indéniable volonté de rehausser le niveau d’interprétation, notamment du point de vue des critères orchestraux. C’est tout à fait le Georg Solti de cette époque que l’on retrouve dans sa lecture de l’Ouverture du Vaisseau fantôme de Wagner, captée pour la télévision en 1963. L’accent est mis sur la netteté de l’articulation – par exemple avec les dessins de cordes initiaux qui dépeignent la mer déchaînée –, les rythmes tendus – comme pour les appels de cor qui décrivent le navire spectral du Hollandais Volant –, et les paroxysmes des dynamiques – avec des crescendos allant du pianissimo le plus doux au fortissimo le plus assourdissant.
Au milieu des années 1960, les magnifiques intégrales de Siegfried et Götterdämmerung réalisées par Georg Solti pour Decca avaient pleinement établi sa réputation de wagnérien. Début 1965, il initia au Covent Garden une série de nouvelles productions d’opéras de Richard Strauss. La différence entre le Georg Solti de 1964 et celui de 1967 saute aux yeux dans sa magistrale interprétation du Don Juan de Strauss avec l’Orchestre du Covent Garden donnée cette année-là pour la télévision. Aussi magnifique qu’ait été Georg Solti dans Wagner, c’est sans doute dans Strauss qu’il brilla au-dessus de tout. Ici, à sa quête de l’excellence technique répond une appréciation apparemment nouvelle et tolérante de la nature expressive de cette musique. C’est bien là le Georg Solti qui en vint à dominer le paysage musical international du dernier quart du 20e siècle, au même titre que Herbert von Karajan.
En 1985, année de la captation télévisée de la Cinquième de Beethoven avec l’Orchestre symphonique de la BBC au Royal Albert Hall, il y avait dix-sept ans que Georg Solti était premier chef de l’Orchestre symphonique de Chicago. Georg Solti n’avait alors plus guère de rivaux, que ce soit en concert ou au disque. Même s’il était âgé de soixante-treize ans au moment de cette prestation, une grande partie de sa fougue demeurait intacte, avec son souci constant de la tension rythmique, de la puissance des contrastes dynamiques et son sens théâtral indissociable de ses interprétations. Grâce à cette bande vidéo historique, tout le monde peut voir et entendre à quel point ce style était efficace sur le vif, et elle constitue un hommage idéal pour un chef d’orchestre de légende.
© David Patmore / ICA
Traduction : David Ylla-Somers
- Voir le programme sur medici.tv
- Lire la biographie de Georg Solti
- Visiter icartists.co.uk
Une production très attendue de La Pierre de touche de Rossini sortira dans un jour ! Vous saurez quoi faire demain soir.
Une fantastique production de Pier Luigi Pizzi pour ce chef-d’œuvre désormais vieux de deux-cents ans, mais pas ridé pour autant ! Au Teatro Real de Madrid.
En attendant, un extrait à savourer jusqu’au bout (on ne vous dit pas pourquoi, mais vous comprendrez) !








