Considérations aragoniennes sur le chant idéal : l’allégorie de Fougère (3)
« Je t’explique tout ceci, Fougère, pour que tu comprennes la nature de ces orages, de ces éblouissements, de ces rêves sans fin que lève en moi ton chant, quand ta voix soudain révèle d’autres êtres, venus au monde par toi, semble-t-il sans douleur, d’autres êtres que je ne pouvais rêver et qui rendent leur couleur de spectres aux fils de mon imagination, et me jettent à ce désespoir soudain, de n’être à côté de toi qu’un montreur de marionnettes, lequel, le spectacle fini, s’enfuit avant les huées, rejetant ses poupées dans leur boîte, en quête d’un autre décor où les rendre à la vie. »
Louis Aragon – La Mise à mort – Gallimard, 1965
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