Articles du mois : juillet 2010
Nouba, le poney de Verbier
Nicholas Angelich au Verbier Festival 2010
« Je pense qu’avec les œuvres, on vit presque des relations comme avec les gens. C’est un engagement. La musique vous demande beaucoup. Elle donne beaucoup aussi. Dans certains moments difficiles, je crois qu’elle m’a sauvé. »
Nicholas Angelich est un pianiste virtuose, doué d’une rare intelligence musicale, il nous « dévoile » les œuvres qu’il joue comme un peintre, nous permet d’en découvrir la complexité, même pour celles que l’on croyait connaitre et qui nous étaient familières.
Nicholas Angelich a eu une jeunesse très musicale, un père violoniste à l’Orchestre symphonique de Cincinnati (États-Unis), et une mère pianiste qui a été son premier professeur, « très tôt et pendant très longtemps ». Elle avait « étudié avec une élève d’Alfred Cortot », ce qui peut expliquer les liens de Nicholas avec la grande école française de piano. Il parfait sa formation à treize ans, au Conservatoire de Paris, auprès d’Aldo Ciccolini, Yvonne Loriod et Michel Béroff.
« Je suis Américain mais ça fait plus de vingt cinq ans que je vis ici, alors je suis presque Français ! Et je me sens très proche de l’Europe, de l’idée de toutes ces cultures différentes réunies. »
Danilo, le labrador de Verbier…
medici.tv : les secrets de fabrication…
La diffusion des concerts en direct et leur enregistrement pour leur diffusion en différé n’est possible que grâce à un dispositif extrêmement sophistiqué et spécialement conçu pour cette opération.
En effet, notre souci de discrétion absolue tant pour les artistes sur scène que pour le public dans la salle est une priorité pour nous. Nous utilisons ainsi des caméras télécommandées à distance, les cadreurs étant installés alors dans le car de la régie vidéo.
Alors, pour les amateurs de ces techniques de production audiovisuelle, voici quelques détails sur la fabrication de ces captations orchestrées avec beaucoup de talent et de courage (2 concerts par jour, des journées très longues…) par les équipes d’AMP et de Nova Grip :
Car régie N°9 HD
Mélangeur HD Sony MVS 8000
6 caméras Sony HDC 1500 télécommandées par le système “remote” propriétaire Nova Grip
Système d’enregistrement EVS Tapeless sur disque dur 24To de stockage avec serveur LSM XT2 HD.
Pour chaque concert, aux cotés du réalisateur et du conseiller musical, c’est une équipe de 6 personnes qui œuvre dans le car régie:
1 chef d’équipement
2 opérateurs-cadreurs caméras “remote”
1 ingénieur vision
1 ingénieur du son
1 opérateur serveur
Qu’ils en soient ici tous remerciés, ainsi que les équipes de production d’Idéale Audience et du Verbier Festival !
« Elle chante, et on ne comprend pas pourquoi ça vous prend, ça vous emporte, ça vous démolit… […] Il ne suffit pas de savoir placer sa voix, d’avoir une voix, le sens musical, du goût, de l’expression. Fichez-moi la paix. Quand elle chante, elle me déchire. […] Dès qu’on entend sa voix… cela vient du fond de l’abîme, c’est le vent dans les grands arbres, tout ce qui passe la mesure, la douleur… »
Louis Aragon - La Mise à mort – Gallimard, 1965.
Evgeny Kissin au Verbier Festival 2010

Concert diffusé gratuitement, en direct puis en différé sur medici.tv.
Il aime Verbier, fidèle il y revient depuis la création du festival, il s’y installe en famille, il y donne des récitals, des concertos, il y joue de la musique de chambre, il y lit des poèmes, il enchante le public.
On ne présente plus Evgeny Kissin, mais on se souvient de la prodigieuse image d’un enfant de douze ans jouant les deux concertos de Frédéric Chopin avec l’Orchestre de Moscou. Les plus septiques donnaient peu de temps à ce prodige merveilleusement doué qui est devenu un artiste génial. Kissin a en effet su dompter l’insouciance et l’inspiration de la jeunesse pour donner à son jeu une épaisseur intellectuelle. Il est de ces pianistes russes dont le répertoire romantique est la pierre fondatrice. Capable de prouesses techniques, il sait aussi, tout comme Richter ou Guilels, donner un souffle et une structure aux pages les plus exacerbées. « Ses Frédéric Chopin », compositeur qu’il joue le plus et qu’il aime, sont une référence, mais depuis longtemps Robert Schumann est aussi un fidèle compagnon de route car Kissin sait en révéler, comme personne, les folies et rêveries.
- Voir également le passionnant documentaire L’Art de Chopin, dans lequel apparaît Kissin, mais aussi Garrick Ohlsson, Martha Argerich, Yuja Wang, Artur Rubinstein, Krystian Zimerman, …
« Il s’agit toujours d’une femme au minuit d’elle-même, tout est femme de ce qui tremble et se perpétue en cette voix… Et brusquement cela s’arrête comme une souffrance, le vide étrange d’une souffrance qui s’interrompt, ce creux de la douleur, qui fait mal, si bien que c’est de ne plus entendre la plainte qu’en moi quelque chose se plaint. Le silence après elle, comme la frayeur des forêts. / Quand elle chante, j’aime bestialement son âme. Ah, ceci dépasse l’entendement. Parfois la mélodie atteint ce paroxysme du frisson, qui me fait pâle, sans que j’aie à le savoir besoin de la confirmation des miroirs. Le sang me quitte, qui bat sous la peau transparente du chant. Qu’est-ce que je dis ? Ce sont là des choses insensées. Mais aimer n’est rien d’autre que perdre le sens, n’est-ce pas ? L’extraordinaire de Fougère tient à ce que, si belle que soit la musique, elle en fait parvenir à vous les paroles. Le comble du savoir est quand la phrase atteint à la grandeur de la banalité, quand ce qui se dit est si simple, qu’on est absolument déconcerté. Rien ne lui est plus étranger que le style, ce parti pris de l’admirable, où l’on sait toujours ce qu’il faut applaudir et quand. La beauté véritable à quoi cette voix en se jouant atteint, précisément désarçonne à ce point le jugement qu’on ne saurait l’applaudir, toujours de peur de l’interrompre, même dans le silence qui la suit. »
Louis Aragon - La Mise à mort – Gallimard, 1965.








